5ème Classic Rallye de Champagne 25 et 26 octobre 2014

Texte et photos : Alain BRISON

Huit jours après avoir participé au 1er Champagne-Ardenne, randonnée de navigation pure et dure, avec quelques zones de régularité, place à un rallye de régularité organisé par le RCVHS de Reims.

Ce rallye n'était pas à mon programme, mais un appel téléphonique de Michel GUENET qui cherche un navigateur m'a permis de découvrir cette épreuve. En compagnie de Christian GAUDET, Michel avait participé au dernier cours de navigation organisé par Lorraine Auto légende à Laneuveville devant Nancy. Nous nous étions rencontrés cette année lors la Ronde des Lingons. Son fidèle navigateur étant indisponible en octobre il a pensé à moi pour le remplacer.

Rendez-vous est donné le samedi à 8h30 sur le parking du complexe Novotel-Ibis de Reims Tinqueux, base logistique du week-end. Michel m'accueille chaleureusement, et je découvre la voiture. Une Autobianchi A 112 Abarth équipée compétition : baquets, arceau cage, harnais, pas de moquette, un tripmaster et un cadenceur "la Solution". A l'essai le baquet semble confortable. L'étalonnage sur le parcours de l'ancien circuit de Gueux et les vérifications administratives ont été effectuées la veille, reste plus qu'à présenter ma licence, car ce rallye VHR est organisé sous règlement FFSA. Un transpondeur BLUNIK est collé sur la vitre latérale arrière droite, il servira à enregistrer notre passage devant les balises disposées sur le parcours des zones de régularité.

Il est utile de préciser qu'un rallye de régularité VHR propose des Tests de Régularité (T.R) sur route ouverte dont la moyenne est inférieure à 50 km/heure, alors que les Tests en rallye VHRS se déroulent sur route fermée avec des moyennes supèrieures à 50 km/h, souvent comprises en 65 et 85 km/h.

70 voitures prennent le départ à partir de 10h00 depuis le parking de l'hôtel, encombré par les voitures des nombreux touristes en visite à Reims. La voiture la plus ancienne, une magnifique Jaguar XK 140 de 1955 part en premier, suivi d'une Citroen ID et d'une Panhard 24 CT. Félicitations aux équipages de ces "ancêtres" d'avoir le courage de sortir leurs magnifiques autos dans une épreuve de ce type. Les numéros étant attribués selon l'âge des voiture, l'Autobianchi accusant 31 ans d'âge portera le numéro 57, juste derrière l'Audi Quattro de nos amis d'Oscar Racing Jean CONREAU et Benoit MARTIN.

Au chapître des équipages connus, nous retrouvons avec plaisir le vosgien Gauthier BRIGNON qui navigue Philippe BAUER en Opel GT, les locaux Alain et Monique LAPORTE, les amis de la région parisienne Florent et Raymond COLLOVALD, ainsi que Jean-Marie BIERLING qui navigue Véronique, l'épouse de Pablo CASTELAIN (futur vainqueur), l'organisateur des renommées Routes de l'Aisne. Sans oublier la redoutable armada belge parmi lesquels nous saluons Francis DONEUX et Jean-Luc FRAIKIN, futurs vainqueurs en catégorie Prestige.

Le carnet de route nous est distribué 10 minutes avant notre heure de départ. Il est annoncé sans pièges, mais il fallait quand même rester très attentifs. J'ai eu du mal à me familiariser avec les dessins du fléché, pas par la taille bien conséquente, mais plus par leur forme. Au bout de quelques kilomètres de liaison, je trouve le bon rythme pour annoncer les notes à Michel. Avec le carnet de route nous recevons une feuille avec les points de changement des moyennes à l'occasion des T.R. Les moyennes sont à noter dans le carnet de route. Les équipages qui possèdent des cadenceurs dernière génération comme le Chronopist peuvent rentrer dans ceux-ci toutes les distances et les moyennes. Nous constatons entre 4 changements sur 7 km à 9 changements sur 29 km. Avec le cadenceur "La Solution" il faut changer de moyenne à l'aide de petits curseurs à manipuler en roulant. Nous arriverons quand même à nous en sortir, mais la précision est très aléatoire pour valider la nouvelle moyenne au bon endroit, surtout que les distances du carnet de route sont loin de correspondre à celles de notre tripmaster. Mais apparemment, tout le monde est logé à la même enseigne.

Le premier test se passe bien, nous sommes 10èmes avec 9,7 secondes de différence en 4 prises de temps. Le deuxième également, seulement 6,4 secondes mais 18èmes, les écarts sont minimes.

Nous ratons complètement le troisième Test par ma faute, pour avoir mal interprété la règle de l'autostart (départ sans commissaire). En voulant rattraper le temps perdu (2 minutes) à cause de concurrents qui bouchonnaient, nous passons en fin de compte en avance partout, 482 points d'un coup dans la musette. Lors de la pause déjeuner, je comprends mon erreur grâce aux explications des plus chevronnés. D'une épreuve à l'autre les règles sont différentes.

Dans la liaison pour rejoindre la pause déjeuner la voiture ratatouille et nous pointons en retard au CH. Ouverture du capot, apparemment le filtre à essence est colmaté. Un bon samaritain nous donne un filtre neuf, en 2 coups de tournevis le remplacement est effectué, et l'essence arrive enfin. Nous repartons confiants pour la 2ème étape et les bons résultats s'enchaînent, 18 puis 7 puis 19 secondes. Et d'un seul coup dans le dernier test de l'après-midi le phénomène recommence et de nouveau 400 points de pénalités. Le filtre n'est pas bouché, mais une âme charitable nous conseille d'enlever le joint du bouchon d'essence pour assurer une mise à l'air du réservoir.

Après la pause champagne nous entamons une 3ème étape nocturne. La voiture carbure parfaitement et nous nous dirigeons vers un test de 22 km avec 10 changements de moyennes. Une étape dantesque car entièrement tracée dans les vignes au sud d'Epernay, de Morangis à Cramant sur des chemins bétonnés, 50 changements de direction entre 30 m et 300 m. Dès le départ des concurrents en sens inverse me perturbent, sommes-nous sur la bonne route ? Il fait nuit noire, obligés de rester en code à cause des voitures en face. Au bout de 3 km je rate un petit chemin à droite en dévers pour quitter la route départementale et apparemment nous ne sommes pas les seuls. Le temps d'un demi-tour, de se recaler à l'intersection précédente, et nous retrouvons le bon chemin avec presque 5 minutes de retard. A la queue-leu-leu avec d'autres attardés, nous traversons des villages pittoresques, nous franchissons des caniveaux et des grilles canadiennes où les voitures souffrent. Malgré notre retard que nous n'arrivons pas à combler, (les moyennes à réaliser sont entre 48.7 et 49.9 km/h, la traversée des villages à 30), nous nous classons 38èmes. C'est dire que beaucoup ont galéré plus que nous. Par contre la voiture n'a donné aucun signe d'essouflement.

Après une bonne potée champenoise en compagnie de toute l'équipe venue de Normandie aux couleurs du Rallye Jeanne d'Arc Historique, une bonne nuit nous attend.

Le dimanche matin nous avons rendez-vous au Musée de l'Automobile de Reims. Créé initialement par Philippe CHARBONNEAU, le désigner bien connu, ce Musée est un des cinq plus grands de France. Il comprend de nombreuses pièces rares et même uniques. Après la visite du musée, le mot de bienvenue de l'adjoint au maire, un café et des croissants, nous repartons vers le vignoble pour une 4ème étape.

Le premier test se passe moyennement bien, une mauvaise interprétation d'une distance et nous tournons trop tôt autour d'une place de village. 200 mètres de trop, aucune possibilité de recaler le trip, en même temps nous croisons un concurrent sous un pont. Bien indiqué dans le carnet de route, cette manoeuvre est surprenante, en effet nous effectuons une boucle de 3 kilomètres pour croiser de nouveau un concurrent sous le même pont. Dans la liaison jusqu'à la pause café, la voiture ratatouille à nouveau. Cette fois-ci j'enlève carrément le bouchon d'essence et la voiture semble avoir retrouvé ses 70 chevaux.

Dès le début de l'avant dernier Test, la voiture ratatouille à nouveau, plus aucune puissance, et comme nous sommes au milieu de nulle part, nous parcourons les 30 kilomètres au ralenti en laissant passer les 13 concurrents qui nous suivent. Nous rejoignons Epernay tant bien que mal et nous prenons la décision d'essayer de rallier Reims par la route la plus courte.

Nous n'avons pas abandonné puisque nous rendons notre feuille de route à l'arrivée, mais naturellement nous sommes classés 56èmes.

Un repas de gala passé en bonne compagnie de concurrents et de commissaires locaux mais une distribution des prix qui s'éternise jusqu'à 17h30. Pourquoi récompenser en plus des vainqueurs au général, des vainqueurs de groupes, des vainqueurs de classes ? En régularité, la cylindrée ou l'année de la voiture ne sont pas des paramètres essentiels, c'est mon avis personnel.

Merci Michel pour cette invitation et malgré les soucis mécaniques, j'ai passé un agréable week-end. Les classements ici.

C'était mon dernier rallye de l'année, une année riche en expériences variées et pour certaines formatrices.

Rendez-vous en 2015.