La 7e Ronde Historiques des Lingons vue de l'intérieur - 11 et 12 mai 2013

Après une édition 2012, où j’avais pris un grand plaisir à rouler dans la région de Langres (nature et quasi pas de circulation), j’étais fort décidé à retenter l’expérience en 2013, mais il me fallait trouver un partenaire, Jean-Noël ayant des obligations familiales. De plus ce rallye se déroule lors d’un long week-end, férié ce qui me permet de m’organiser plus facilement par rapport à mes obligations professionnelles.

Ce fut rapidement fait lorsque j’ai sollicité mon garagiste, Jean-Pierre COINCHELIN. Il le mérite bien, il est toujours aux petits soins pour l’Alpine. Cela lui permettait de passer de l’autre côté de la barrière et de découvrir l’automobile, c’est un ancien vice-champion de lorraine de moto-cross (époque Opalinski pour les connaisseurs).

Long week-end, donc. On essaye de faire bien les choses et de préparer la voiture. Vendredi matin fut consacré à installer le cadenceur (Jean-Pierre) et moi à régler le Tripmaster, j’ai inversé celui de l’Alpine et de la Dauphine (le second permettant de joindre un écran déporté).

Prise de tête de 30 minutes pour comprendre comment on étalonne le Trip. Mais j’y parviens enfin : 3 mètres d’écart sur 100 mètres. En fait, je pensais y être parvenu (voir plus loin)… Vendredi soir, départ avec une halte chez ma maman qui habite sur le trajet (près de Contrexéville) et, la région de Langres étant la région d’origine de son papa, nous avons frôlé la commune de Hortes, terre d’une partie de mes origines.

Samedi matin, nous rallions tranquillement Langres. Arrivés sur place à 10h30 pour une convocation à 11h30, nous procédons aux vérifications du véhicule. 1er couac : les feux stop ne fonctionnent pas ! Nous n’avons pas fait autant de route pour rester sur le parc de départ !!! Bien m’en a pris, je roule avec mon garagiste. 1h de recherche, voir levée, et nous trouvons enfin un subterfuge pour passer le cap du contrôle technique. Ouf !!!

Nous retrouvons notre Président Alain qui copilote, Jean-Pierre LAMAZE avec sa Lancia Delta HF et Michèle et Jean-Pierre BRUNET.

14h, nous partons en convoi par vague de 30 pour nous rendre Place Diderot dans le cœur historique de Langres, place qui vient d’être rénovée et que monsieur le Maire (nous l’en remercions) a aménagée pour que nous puissions prendre le départ pour la 1ère fois au cœur de sa belle >ville.

Langres représente sûrement pour beaucoup d’entre vous, 2 sorties sur l’autoroute A31. Ce n’est pas que cela. C’est avant tout une ville fortifiée avec un cœur historique. Je vous invite tous, à l’occasion, à vous y arrêter 2 ou 3 jours, à Langres et dans sa région. Vous serez surpris par sa richesse. Nous en avons eu un aperçu lors de la pause de nuit.

C’est le départ et 8km plus loin nous sommes dans le bain : 1ère des 12 ZR que compte le rallye (480 kms dont 250 de ZR).

Une navigation simple (quelques interprétations parfois ambigüe, j’en ai été la victime), mais tout est basé sur des ZR, sans changement de moyenne.

En 2014, pour que tous soient sur un pied d’égalité (certains régulent avec des solutions informatiques, d’autres avec des tables manuelles, d’autres au feeling), des tables manuelles conçues par l’organisateur avec changement de moyenne seront distribuées. Je trouve cela très bien. J’ai déjà pratiqué aux Routes du Jura 2011.

Et là, c’est moi pilote qui régulait, le co-pilote pouvant se consacrer à la navigation (qui est costaud aux routes du Jura : carte puzzle en pleine ZR !!!). Nous voilà partis dans la 1ère ZR. Comme je roule avec Jean-Pierre pour la 1ère fois, il nous faudra 3 zones pour trouver nos automatismes.

Et là le couac !!! Case 33 de la ZR 1, à 650 mètres en pleine nature, le road-book annonce "à droite" : en plus il y a un contrôle. Or, caché derrière un buisson, apparaît au dernier moment un panneau « Sens interdit sauf riverains » ; donc hésitation et je vais tout droit, cherche une autre route à droite. 500 mètres plus loin, nous retrouvons Jean CONREAU et Jean-Pierre MACE, parti 4’ devant nous qui tournent en rond. Vu que cela ne colle pas, je dis à mon pilote de faire demi-tour, nouvelle hésitation devant le sens interdit et là, je dis à Jean-Pierre de mettre la sauce. Résultat nous perdons 98’’ !!!

Je suis furax que l’on nous ai fait prendre un sens interdit. A la pause, je m’en ouvre à l’organisateur, qui m’assure que nous n’avons pris aucun sens interdit ! Mon pilote l’a vu aussi ! Aucune autre réclamation de concurrents ! Y avait-il une seconde route ! Fort décidé à retourner dans la région de Langres, vérifié ma bonne fois, j’ai profité d’un déplacement dans l’Yonne pour un mariage et un RV professionnel, pour partir vendredi matin à 5h 30 de chez moi. Résultat vers 7h30, j’étais en pleine étape de régularité et j’ai pu faire des photos : « J’avais raison !!! Il y avait bien un sens interdit case 33 ».

Photos, texto à Philippe LAGLER l’organisateur et à 8h00 du matin, je suis reclassé 18ème et l’injustice est réparée ! Merci à Philippe, pour avoir reconnu son erreur. Il a été sur Google Street et a pu vérifier qu’il y avait bien en sens interdit caché derrière un buisson. Comme il y avait un contrôle, tous les yeux étaient rivés sur la gauche de la route, et les personnes ne voyaient pas le sens interdit. Mais, tel le père de Marion COTILLARD dans TAXI qui avait un œil sur la mitraillette et l'autre sur la route, moi j’en avais un sur le road book, un sur les instruments et un sur la route (cherchez l’erreur !!!). 76 concurrents, 4 équipages qui vérifient le parcours et seule l’Alpine A310, numéro 26 a vu le sens interdit !!!

Moral en berne, le rallye se termine fin de ZR 1. Ensuite ZR 2, mais le trip était mal étalonné, j’avais tellement galéré vendredi matin à comprendre les explications, que je ne voulais plus y toucher et puis nous avons passé notre temps au parc, à chercher la cause du non-fonctionnement de nos feux Stop. Nous passons en avance significative sur 2 contrôles dans la ZR 2 ; mais comme elle faisait 20,88 km et que mon Trip indiquait 20,172, j’ai déterminé un coefficient de conversion. J’ai corrigé tous les road-book manuellement avant les départs d’état et j’ai recalculé les vitesses moyenne (exemple : 49,9 km/h correspond à 49,9 x 20,172/20,88 = 48,21 km/h). Nous allons enfin pouvoir réguler normalement.

Eh bien non. ZR 3 : le cadenceur s’emballe et change la moyenne, il restait un contrôle et nous l’avons fait au feeling, résultat de nouvelles pénalités.

Dès la ZR 4 (après la pause), je m’organise différemment, j’ai a porté de main les tables manuelles et je mets en route le chrono. Nous arrivons à Langres sur Bourdon, lieu de la 1ère pause, fort dépités et je suis en colère après moi-même de ne pas avoir reconverti dès la ZR1 et d’avoir préparé la solution de secours. Surtout, je m’ouvre à l’organisation que nous ayons dû prendre une route interdite (cf. plus haut).

Comme les villages on communiqué sur notre passage, ce sont plusieurs centaines de personnes qui nous accueillent et profitent du spectacle de nos belles mécaniques. Allez, on ne va pas gâcher le plaisir.

Nous voilà repartis pour 3 ZR. De nouvelles défections du cadenceur, mais je bascule en table manuelle immédiatement. Cela demande un peu plus d’efforts de vue, où il les tables sont sur les genoux, contrairement au cadenceur qui est en visuel sur le Tripmaster. Cela se passe relativement bien et nous rejoignons vers 20h30, après avoir alimenté la voiture, notre lieu de repas : Le Fort de La Pointe. Ce fort qui date de l’époque 1870, a été racheté récemment par un privé qui le rénove : 5000 stères de bois coupés !

Un buffet froid nous attendait, mais il n’y a pas que le buffet qui était froid, les pierres également. Mais un lieu chargé d’histoire pour le repas du soir, c’est Top !

Nos rallyes sont là pour assurer la promotion touristique des régions parcourues et là, c’est réussi. Les bâtiments sont impressionnants et quand vous ressortez à la nuit tombée, les lampes à pétroles sur les hauteurs, vous font penser à Fort Boyard.

Bon, ce n’est pas tout. La nuit s’annonce avec ses surprises de navigation : eh oui, la nuit les routes peuvent se cacher !!!

22h25, nous sommes repartis pour 110km d’étape et 3 ZR. Cela commence mal. Le Tripmaster ne fonctionne pas. Bordel, c’est foutu !

Mais après l’avoir actionné, tout revient. Pas de problème de cadenceur et la nuit se passe pas trop mal (une petite erreur de navigation de 500 mètres, vite repérée). En revanche, la nuit est souvent fatale à des équipages et la principale victime c’est notre Président Alain qui a fait 8km de navigation en trop ! Sûrement voulait-il tester les capacités de pilote de Jean-Pierre et l’efficacité des 4 roues motrices? Il est vrai que la première ZR de nuit était quasi en totalité sur la terre et s’il avait plu comme l’an dernier, les Toyo sur la terre avec l’Alpine, cela aurait été sport.

1h20 du matin. Nous voilà de retour à Langres avec une forte envie de boire une mousse pour nous remettre de nos émotions. Heureusement, un bar était encore ouvert à proximité de l’hôtel et nous avons pu nous rafraîchir le gosier.

Enfin dodo. Jean-Pierre ronfle t’il ? Eh oui, c’était la 1ère fois que nous partagions la même chambre. Mais cela va, j’ai vite sombré, mais comme d’habitude réveillé tôt le matin.

On reprend des forces avec un petit-déjeuner, et nous voilà repartis Allée Blanchefontaine (Lingons 9) pour prendre le départ de la 4ème et dernière étape. Café, croissant et journal local (JHM : Journal de la Haute Marne) partenaire nous attendent. Le rallye est en première page et a droit à un reportage intérieur.

Langres est une terre de rallye. Fin juin aura lieu la manche du championnat de France de rallye sur Terre : « Le Terre de Langres », PH Sport qui prépare de nombreuses voitures de rallye et qui a déjà été champion du monde WRC 2, Loeb a roulé sur leurs voitures, est installé à Chalindrey dans la périphérie de Langres. 3 ZR : 3 pannes du cadenceur et pourtant nous réalisons un dimanche matin d’enfer où nous remontons de 17 places au classement, nous étions 49èmes avant la nuit et 32èmes à l’arrivée. Malgré 80 % du temps aux tables "manuelles", nous réussissons l’exploit dans la ZR 10 de passer à 0 aux 4 contrôles. Nous ne prenons que 18 points le dimanche matin, et si le rallye n’avait eu lieu que le dimanche matin, nous aurions gagné ! Beaucoup de plaisir le dimanche matin. Des échanges avec les autres concurrents devant et derrière nous (comme la veille) avant chaque départ de ZR.

Apéritif à Sarrey, où nous exposons nos voitures pour la population locale, puis repas à Neuilly-l’Evêque, salle communale, où a lieu la remise des prix.

La cour de l’Ecole du village, ressemble à un parc fermé de rallye.

L’Alpine a changé de couleur depuis le début du rallye.

Et nous voilà repartis vers nos demeures respectives, avec des souvenirs, des frustrations, mais beaucoup de plaisir.

Jean-Pierre mon pilote est ravi et ne demande qu’à recommencer l’expérience. Ce sera le cas le 25 mai, puisque je lui confie à nouveau mon Alpine A310 pour le co-piloter cette fois en navigation, à la navigation du roulier organisée par Jean-Pierre WILLMANN de l’ASAR, seconde association dont je suis membre. Plusieurs équipages Lorraine Auto Légende seront au départ.

J’espère que mon récit, vous aura donné envie de tenter l’expérience l’année prochaine. Je vous conseille ce rallye, si vous aimez rouler dans des régions "nature" (beaucoup de sous-bois) et où la circulation est à l’image de la densité de population au m² : faible. Même les tracteurs, en 2 ans j’ai dû en croiser 2 !

Mais attention, il faudra vous y prendre tôt : le 1er avril, ils avaient fait le plein d’engagés et cela ne leur était jamais arrivé !

Et puis si vous avez le temps, venez 1 ou 2 jours plus tôt et profitez-en pour découvrir la ville et sa région, cela vaut le détour et ce n’est pas pour rien qu’elle fait partie des « Plus beaux détours de France ».


Texte et photos : Thierry Galland + photos de Pascal Grandjean pour www.rallyeracing.fr