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58e Neige et Glace , du 5 au 8 février 2012

Equipage n° 37  Jean CONREAU – Alain BRISON  Peugeot 504 Coupé V6 groupe 4.

Tout d’abord, je remercie Jean CONREAU, Président d’OSCAR RACING, de m’avoir invité à l’accompagner dans le baquet de droite de sa magnifique 504, réplique des autos qui ont participé au championnat du monde des rallyes de 1976 à 1982. Elles remportèrent à plusieurs reprises le Bandama en Côte d’Ivoire et le Safari au Kenya.

Le Rallye Neige et Glace se dispute sur 4 jours sur les (toutes) petites routes du Haut-Doubs et du Haut-Jura. Je me suis inscrit à l’ASA Chambley pour obtenir la licence FFSA obligatoire, catégorie Régularité. Une lecture approfondie du règlement me permet de me familiariser avec les particularités de ce Rallye.

Le samedi midi, notre équipe (Jean, Ghyslain le mécanicien et moi) quitte Saint-Dié à bord du Renault Trafic d’assistance qui tracte la remorque fermée où dort tranquillement la bête de 200 CV. A l’arrivée à Pontarlier, nous accomplissons les formalités administratives : réception du paquetage habituel, y compris pour notre assistance, et du système Tripy (antenne, émetteur) à brancher dans l’habitacle. Nous rencontrons des équipages de notre région, notamment Cyril JEANNIARD (Welche Rallye) et le Nancéien Dominique DRANSARD, navigué par une pointure belge Eddy BORREMANS, organisateur réputé. Lors du repas du soir, nous établissons le plan d’assistance pour les 3 jours à venir.

Dimanche matin, par temps sec mais avec une température de – 18° qui nous accompagnera toute la journée, montage des roues cloutées, étalonnage du tripmaster, et direction les contrôles techniques à l’intérieur de la concession Renault de Pontarlier.

La Peugeot fait forte impression, et même le grand Henri PESCAROLO s’extasie. Il faut dire qu’elle lui rappelle de bons souvenirs des rallyes africains. Les plaques et numéros sont collés par les membres de l’organisation. En fin de matinée, direction la rue piétonne du centre ville de Pontarlier où les 70 voitures sont exposées jusqu’au départ du prologue à 19h00. Toute l’après-midi, une foule nombreuse comme un jour de soldes est venue admirer les voitures malgré le froid.  Depuis le camion podium Renault, le speaker distille forces commentaires sur les autos et les équipages.

Le prologue :

En possession du road-book, la reconnaissance du parcours est autorisée, mais pas avec les voitures de course.
C’est parti avec le Trafic en pneus contact sur la route de la station du Larmont qui serpente dans la montagne : 8 épingles en montées, vue superbe sur Pontarlier et descente vertigineuse sur une route enneigée et verglacée. La neige étant tombée en abondance dans la semaine, c’est dans un paysage de carte postale de Noël que nous évoluons.

Le prologue sert à établir l’ordre des départs pour le lendemain. La moyenne à respecter est de 50 km/heure, ce qui semble facile sur le sec, mais beaucoup plus difficile sur la neige et la glace, surtout en descente. Le road-book mentionne à chaque intersection le temps à réaliser, aide précieuse en plus du système « La Solution » accouplée au Tripmaster. Ce petit cadran nous donne en permanence l’écart (en + ou en -) par rapport à la moyenne imposée. Nous réalisons le 7ème meilleur parcours, seulement 15 secondes perdues au total des 7 prises de temps sur 7.9 km. Dans la descente nous avons été gênés par une Alpine partie 3 minutes devant nous, puis par des voitures garées dans un virage et par un camion citerne que nous avons croisé. Dommage, car à 1 km de l’arrivée, nous avions réalisé le 2ème meilleur résultat. A l’arrivée à Malbuisson, mise en parc fermé de la voiture, soigneusement bâchée.

Première étape (lundi 5) :

Surprise au réveil, le thermomètre affiche – 22°. Bien emmitouflés, nous prenons possession du road-book 30 minutes avant le départ, afin d‘apporter les corrections diffusées par l’organisation, suite aux ultimes reconnaissances de l’équipe d’ouverture.
Première alerte, si la 504 démarre presque au premier coup de démarreur, il n’en est pas de même du Trafic qui occasionne des sueurs à Ghyslain, le filtre à gazole est bouché par la paraffine. Arrivant péniblement à rallier la concession Renault située à 20 km, après un changement express de filtre, le véhicule d’assistance a pu nous rejoindre juste avant le déjeuner pour nous ravitailler en carburant. C’est qu’elle consomme la bête, du 20-25 litres/100 km.

Deuxième alerte, un concurrent belge en Porsche, que nous avions rencontré à l’envers dès le début d’un TR (test de régularité), nous rejoint et cherche à nous doubler sur un chemin enneigé où il n’y a place que pour une voiture. Nous poussant à la faute dans une épingle, la Porsche escalade le mur de neige sur notre droite et dans une amorce de tonneau percute l’arrière de la 504. Pare-chocs et jupe arrière tordus pour nous, l’aile arrière enfoncée pour lui.

Photos 71 à 75

Seulement 30 secondes perdues, un peu plus loin. Une erreur de navigation nous coûte 230 points,  mais grâce au talent du pilote, on retrouve rapidement notre cadence. Nous pointons le soir après 6 secteurs de régularité et 50 prises de temps en 16ème position, à 20 points de DRANSARD et 33 points devant PESCAROLO. Rappelons qu’une seconde de différence égale 1 point pour le retard, et 2 points pour l’avance.

Un secteur de régularité nous attend sur le circuit de karting de l’Enclos, mais ne comptant pas pour le classement, nous décidons de l’occulter, ayant eu notre quota de glisse. La 504 n’est pas la voiture idéale dans ces conditions extrêmes, et  nos pneus cloutés sont loin de valoir ceux qui équipent les équipages de tête, à la limite de la réglementation (quelquefois bafouée).

Deuxième étape :

La veille, parcours de 350 km dans le Haut-Doubs, le long de la frontière suisse jusqu’aux portes de Montbéliard. Mardi, cap au sud jusqu’à Oyonnax en passant par Mouthe, le Parc du Chien Polaire (- 30°),  Morez (les lunettes), Saint-Claude (les pipes), pour un trajet de 300 km. Journée un peu moins fertile en émotion, sauf de rouler sur des routes forestières tout juste dégagées par le chasse-neige expressément pour le Rallye. On se serait cru quelquefois sur une piste de Bobsleigh à l’occasion des J.O. d’hiver ou au rallye de Suède. Belle performance puisque classés 12èmes le matin (28 TR) et 11èmes l’après-midi (25 TR), nous retrouvons une 7ème place au classement général, 2ème équipage français au milieu de l’armada belge, et devant Henri PESCAROLO.

Troisième étape :

Mercredi matin, il neige malgré le thermomètre à – 14°, et l’on déplore, au départ, une dizaine d’abandons sur casse mécanique ou accidents matériels.
Une boucle à parcourir 3 fois pour un total de 250 km, 6 secteurs le matin et 3 l’après-midi.

Et c’est le matin que les choses se gâtent pour nous et pour quelques autres. Rater un chemin à prendre à droite en pleine campagne recouverte de neige nous occasionne un demi-tour perturbant, puis un tout droit dans une épingle verglacée nous pénalise d’un coup de 800 points sur un secteur. En plus, nous apprenons le soir, après l’affichage des résultats, que le système ne nous a pas chronométré sur 21 TR avant le déjeuner, ce qui nous occasionne une pénalité forfaitaire de 7560 points. L’après-midi est plus favorable, avec une 18ème place et 205 points.

Naturellement nous avons déposé réclamation auprès de l’organisateur, qui a reconnu n’être pas satisfait de la prestation de l’équipe Tripy qui lui a fourni des classements erronés. Il nous a promis, à nous et à d’autres, de tout recalculer et de nous communiquer de nouveaux résultats. Pour notre part, nous estimons que notre juste place se situe aux environs de la 15ème.

Indépendamment de ce couac informatique qui a gâché la fête, j’ai apprécié ce Rallye pour sa partie sportive, ses beaux paysages, la qualité de l’organisation, le dévouement de toute l’équipe organisatrice, surtout les Contrôleurs aux départs des CH, dans le froid et la neige. J’ai moins apprécié les prestations culinaires, on mange un peu mieux dans nos organisations ! Pas de pauses, pas de boissons d’accueil aux arrivées, manger avec des couverts en plastique dans une ferme…

Mais si l’occasion se présente, j’y retourne en 2013, fort de l’expérience acquise cette année. Merci Jean pour ces bons moments passés à tes cotés, merci Ghyslain pour ta prestation et ta présence aux points d’assistance.

Compte-rendus, photos, vidéos, classements complets sur www.zaniroli.com


Texte : Alain Brison - Photos : Alain, Jean et Ghyslain


Légendes des photos: