12e Virée des Cols Vosgiens

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C’est en juillet 2010 que Roland Schmitt et moi avons décidé de nous inscrire à la Virée des Cols Vosgiens 2011. Roland avait participé à la deuxième édition en 2001 avec son voisin sur une Triumph, et j’ai accumulé de l’expérience en 2005 (21e) et 2006 (15e) avec Jackie Boulangé (Alfa coupé Bertone) et en 2010 en naviguant Robert Wrégé (BMW 2002 cabriolet) avec une place au pied du podium.

Rallye au départ de Rosheim en Alsace, réputé pour son organisation menée de main de maître par le Docteur Melle, l’édition 2011 n’a pas failli à la tradition, malgré les tracas de toute sorte que connaissent tous les organisateurs.

Comme d’habitude à la Virée des Cols Vosgiens, le plaisir du pilote est équivalent à celui du navigateur. De belles routes, de nombreux cols, mais aussi des astuces à chaque page qui en cas d’inattention pénalisent lourdement l’équipage. Une hésitation, un demi-tour et ce sont quelques minutes de pénalités dans la musette. 8 à 9 minutes de retard multipliées par le coefficient d’ancienneté de la voiture équivalent à un CP raté.

Cette année, 85 équipages ont pris le départ, 17 en Tourisme, 41 en GT Navigation et 27 en Expert Régularité. Dans le magnifique programme imprimé en couleur où figurent les photos de toutes les voitures, on remarque, dans la catégorie GT qui nous concerne, la présence des frères Schaeffer (Alpine 1600), de Robert Wrégé qui navigue Bertrand Eberlin (BMW 2002 TI), Jean-Luc et Marie-Françoise Durand (Lotus Elan), André Jeanniard et Jean-François Acker (Opel Kadett Rallye), Patricia et Philippe Fernandez (Alfa Roméo Bertone), les Belges Didier Defays-Philippe Pirot (BMW 1602), Philippe Schutz-Henry Grandjean (MG B), des équipages côtoyés lors de nos organisations en terres lorraines. La lauréate de l’an dernier, Cécile Pery, a trouvé in-extrémis un navigateur en la personne du bien connu Claude Wurch. Bien malin qui pourrait annoncer un pronostic.

Dans la catégorie Expert, on retrouve Jean-Pierre Dreyfus avec Jean-Paul Massé (Lancia Fulvia Zagato) alors que Cyriaque Hiebel navigue Michel Eisenegger (Alpine Berlinette). Dommage, Marc Henry n’est présent que pour les photos, il nous explique pourquoi sur son blog.

Briefing à 7h30, première voiture à 8h01, on ne badine pas avec le respect des horaires. Avec le numéro 36, nous partons à 8h36 derrière la TR3 des Portugais ARY père et fils (seconds l’an dernier).

Au terme des 150 km de la première étape du vendredi matin, nous atteignons Senones où nous attend René ODILLE. Un beau parcours dans la Plaine d’Alsace, suivi du passage habituel au Col de la Charbonnière, un petit tour au Champ du Feu, et plongée vers la Principauté de Salm. Pause très attendue au restaurant de la Charbonnière où je savais pouvoir trouver une paire de knacks lors de la pause, à chacun ses repères gastronomiques. Déjà 2 CP manqués en comparant la première carte avec d’autres concurrents et 8 minutes de retard pour avoir hésité à pointer avant l’arrivée à un CP humain qui nous semblait piégeux, la faute à un dessin d’intersection imprécis (un des rares du week-end). Nous apprendrons plus tard qu’à ce moment précis nous étions 4èmes. Mais dans l’ignorance Roland me remontait le moral : «les autres aussi ont dû se tromper ».

On se concentre après le repas servi et consommé tambour battant dans la salle des Fêtes au cœur de l’ancienne Abbaye, surtout que 156 km nous attendent jusqu’au terme de la première journée. Que des routes et des lieux connus comme Ban-de-Sapt, Grandrupt, empruntés récemment à l’occasion du Critérium de la Bruche, ou Schirmeck au Tour et Détour Mosellan. Deux cartes muettes, un fléché allemand, des cartes à points d’altitude semblent avoir été bien négociés et les cases inversées ou dessins à l’envers ne présentaient pas de difficultés. Aucune case miroir à l’horizon, nous sommes un peu déçus.

Samedi matin je me précipite vers les résultats qui sont affichés et, conscient des bourdes de la veille, commence la lecture par la fin du classement. Une voix (malicieuse avec l’accent alsacien) me lance : commence par le haut cela ira plus vite. Oh (!) surprise nous pointons en tête avec un écart de 6 minutes par rapport au second, un équipage local fort sympathique Francis WALTER et Eric SCHOENBACHER.  Je préviens Roland qui s’était précipité sur le stand du café croissants (!) et on adapte la stratégie de la journée : se méfier des CP humains, tracer les cartes en roulant pour ne pas perdre de temps et surtout s’arrêter à tous les panneaux STOP car la veille 24 équipages se sont vus pénaliser de la valeur de 2 CP pour infraction à cette règle essentielle du code de la route.

Départ à 7h31 pour la voiture n° 1, encore plus tôt que vendredi, il est vrai que 189 km nous attendent pour cette seule matinée. Mais le parcours est plus roulant avec des moyennes comprises entre 44 et 47 km/h. La Rothlach, à nouveau le Col de la Charbonnière, le secteur bien connu de Labaroche, le Linge, le Wettstein et la longue montée du col de la Schlucht pour se diriger vers Xonrupt Longemer. Sur le parking juste avant une épreuve spéciale de régularité (sur 70 m), on retrouve nos groupies Nathalie et Claude THIERY, venues nous saluer et prendre des photos. Fin d’étape bien arrosée, comme le début d’après-midi.

Il reste encore 154 km pour rentrer à Molsheim, par la région de Saint-Dié, le col du Hantz et à nouveau la Plaine d’Alsace et ses vignobles où nous retrouvons le soleil.

Bilan de la 2ème journée : 4 minutes perdues au CH intermédiaire de La Rothlach, 1 à Labaroche, et encore 2 autres au dernier CH. Il faut préciser que la BMW ratatouillait allègrement dans les montées, d’où des dépassements impossibles. Roland avait même peur que l’on ne rallie pas l’arrivée.

Particularité de la Virée des Cols Vosgiens, la remise des prix se déroule à l’occasion d’un brunch le dimanche matin. Impossible de connaître nos résultats, nos concurrents directs n’en savent pas plus et c’est en se rongeant les ongles que nous attendons le verdict. Longue énumération du palmarès dans les 3 catégories, tous les équipages sont cités en commençant par la fin, remise de coupes aux équipages Triumph, étrangers, femmes pilotes, etc …., pendant ce temps la tension monte. Arrivés à l’annonce du 4ème classé, comme par hasard nous retrouvons autour de la même table le podium de la catégorie GT. Délivrance, nous sommes déclarés vainqueurs devant deux équipages alsaciens, ravis d’avoir chipé le podium aux équipages belges. A la lecture du document très complet avec tous les résultats : 15 minutes de retard et aucun contrôle ratés hormis les deux du vendredi matin, la joie règne.

En conclusion un beau Rallye (de 649.22 km) bien organisé par Daniel MELLE et son équipe de bénévoles sympas, avec des prestations de qualité et une formidable ambiance entre les participants. Un parcours de qualité et un road-book tout en couleurs, une assistance technique avec de vrais mécanos, que des louanges à distribuer.

Rendez-vous les 15 et 16 octobre au Vosges Alsace Classic pour défendre notre place de leader dans le nouveau challenge mis en place par Daniel MELLE et Jean-Bernard LUSTRE : «Classic Challenge Thuner - Gretener».

Texte : Alain Brison - Photos : Alain Brison, Didier Claudon, Markus

Le classement de la catégorie GT - Navigation

Les sites à visiter : www.viree-des-cols-vosgiens.netwww.alsace-et-vieilles-anglaises.org et vosges-alsace-classic.org