11ème VIREE DES COLS VOSGIEN, du 28 au 30 mai 2010

par Alain BRISON


632 km en 4 étapes sur 2 jours pleins - 90 équipages répartis en 3 catégories : Tourisme (16), GT (navigation, 38) et Expert (régularité, 36)

Organisation : Alsace et Vieilles Anglaises - site internet : http://www.viree-des-cols-vosgiens.net


Ma dernière participation à cette randonnée remonte à 2006, à l’occasion du premier Trophée du Grand-Est, gratifiée d’une 13ème place.

Sollicité par Robert Wrégé, une figure du sport auto en Alsace depuis 40 ans, je décide de m’asseoir dans le siège de droite d’une BMW 2002 cabriolet Baur, tout juste équipée dans la semaine d’un tripmaster. C’était la première sortie de cette voiture.

C’est aussi la première fois que je compose un équipage avec Robert. Une saine rivalité nous opposait dans les rallyes des années 70 et je retrouve d’ailleurs un autre compère de l’époque en la personne de Jean-Paul Massé.

La VCV se déroule sur 2 jours pleins, du vendredi matin au samedi soir, la remise des prix ayant lieu le dimanche matin. Tous les concurrents étrangers (50 % du plateau de 90 équipages) et des “provinces de l’intérieur” (comme ils disent en Alsace) se retrouvent le jeudi soir. Le traditionnel stand de bière, saucisse de Strasbourg, pain et moutarde nous tend les bras avant d’aller s’enquérir du paquetage.

Nous sommes inscrits en catégorie Grand Tourisme, sans secteur de régularité. Mais au vu du programme des 632.20 km à parcourir à des moyennes comprises entre 43 et 48 km/heure, il ne va pas falloir se tromper ou hésiter trop souvent.

Ma motivation est d’engranger de l’expérience pouvant profiter à nos futures organisations. Il y a des choses à apprendre chez nos confrères organisateurs.

Vendredi matin, briefing à 7h40 du Big-Chef Daniel MELLE, puis premier départ à 8h01. Une organisation millimétrée, à la seconde. Aucune place n’est laissée à l’improvisation.

Le premier secteur de la première étape du matin nous emmène sans trop de difficultés vers Saverne. Juste à signaler quelques cases inversées sur la première page, les étourdis rateront la contre-allée à l’entrée de Rosheim avant d’atteindre le 2ème kilomètre et ne passeront pas devant un contrôleur caché dans sa voiture. Et un beau CP humain qui nous tend sa pince juste après un pont sur le canal de la Bruche, alors qu’il fallait quitter à gauche dans une toute petite ruelle. Sentant le piège à plein nez, nous laissons filer 5 équipages qui nous suivaient vers le CP avant de bifurquer dans le bon chemin, plus aucune voiture à l’horizon derrière nous. Une carte à tracer selon des lignes de longitude et latitude (une idée à reprendre) et des cases inversées nous permettent d’arriver à la pause au château des Rohan avec 1 minute de retard. En effet nous avons été perturbés avec d’autres équipages dans Cosswiller par une mauvaise lecture d’un dessin, heureusement l’organisateur n’avait pas installé de faux CP (?).

Les routes du deuxième secteur de la première étape ne nous sont pas inconnues. Entre Saverne et Sarre-Union, La Targa Lorraine les avait empruntées en 2009. Et la région de Sarre-Union n’a aucun secret pour Robert qui organise le Rallye (moderne) de l’Alsace Bossue. Juste avant la Petite Pierre, terme de la première étape et pause déjeuner, une carte en 4 morceaux m’oblige à les découper pour les superposer. Profitant d’une avance au CH de Sarre-Union et de la neutralisation pour ravitailler en carburant, l’opération se déroule sans trop se masturber le cerveau. Et nous pointons dans la minute à la Petite Pierre où nous attendent quelques amis du club Buffalo.

Je profite du repas pour m’étonner avec d’autres concurrents d’une méthode qui m’interpelle lors du pointage à un CH, en dehors d’un arrêt programmé pour une pause. En effet après avoir pointé au CH, un autre CH nous attend quelques mètres plus loin pour un nouveau départ 3 ou 5 minutes après l’heure de pointage du CH d’arrivée. Ce système mobilise 4 horloges et 4 contrôleurs puisque à chaque fois il y a entrée de zone. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

L’après midi, premier secteur de l’étape 2, pour rejoindre Dettwiller pour une pause. Alors là, on retrouve un terrain archi connu, mais par un florilège de changements de direction avec des cases en fléché sans flèche, les dessins de bornes à chapeau jaune nous mentionnent la bonne départementale à suivre. Enfantin, surtout autours de Kirrwiller, cela rappelle encore la Targa 2009. Des dessins mélangés sans distances indiquées sont avalées sans problème.

Après la pause, on redescend vers Molsheim par un double passage dans Furchausen, puis le piège classique de Wilwisheim en cases inversées, archi connu. Non métrés à gogo, fil d’ariane, encore une carte mélangée ainsi que des cases également mélangées, l’organisateur et Jean-Bernard Lustre s’en sont donnés à cœur joie.

Déjà 316.79 km d’effectués en une journée et la BMwé a tourné comme une horloge. Robert ne l’a pas encore complètement en main, il est encore un peu sur la retenue, mais sa conduite s’améliorera le lendemain, notamment dans les cols vosgiens.

Au départ samedi matin nous apprenons que nous sommes en tête avec seulement 5 minutes de retard aux CH, zéro CP manqué. Aïe, la pression est sur nos épaules !

Une traversée d’Obernai en fléché non métré, en empruntant les petites rues et même le parking de l’église au milieu des touristes, est une bonne entrée en matière. Puis ensuite c’est du roulant, entrecoupé de décomposés dès qu’un parking se présente. Ah les parkings, je vois que Daniel n’a pas changé ! Avant la traversée de Riquewihr par la rue piétonne, je tombe dans le premier gros piège de la journée : à l’entrée d’un des plus beaux villages d’Alsace, j’arrive au CH dans la minute, oubliant 3 cases qui nous invitaient à passer devant le poste de contrôleurs par trois « quitter droite « pour revenir au CH. Quelle erreur de débutant, trop confiant par la facilité du carnet de route jusqu’à présent.

On repart, le moral dans les chaussettes (offertes dans le paquetage), par du connu sur une carte à tracer, Fréland, Aubure, Lapoutroie et leurs magnifiques VO à flanc de montagne pour la descente vers Orbey. Vas-y Robert je connais. Je connais tellement bien que j’imagine que le gros point rouge de fin de carte constitue un piège dans Orbey. Patatras, on tourne et retourne dans Orbey à la recherche d’un piège inexistant. Et à force de jardiner je prends la décision de rejoindre le prochain CH avec 14 minutes de retard dans la musette. Plus borné que moi……

Allez, direction Fraize par le Bonhomme, le col des Bagenelles, et la fameuse RF des raves (déjà empruntée en 2006) tracée sur carte muette. L’entrée de cette RF étant peu engageante, certains de nos concurrents directs perdent à leur tour jusqu’à 24 minutes en recherches. Ouf pour nous on connait, et on rejoint Fraize sans trop s’en faire.

L’après midi, le repas à peine touché, perturbé par mes bourdes du matin, c’est reparti vers Mandray et son célèbre col. Là aussi, du connu, tracé sur carte en points d’altitude, un petit piège bien perçu, prendre deux fois le même point, j’avais imaginé la même chose à la Targa. Un petit train se forme avec nos poursuivants. Juste après un tunnel, une fourche avec une case sans flèche de direction. Dans la case suivante est dessiné un panneau de lieu dit Bettrempot, distance partielle 0.06 soit 60 mètres. Trois voitures sont arrêtées, les équipages le nez dans le road-book. On double tout le monde, pourquoi hésitent-ils ? Le panneau est sur le VO de gauche, un CP humain aussi.
Robert : « t’es sûr ?
- Ben oui, il y a le panneau bleu ! »
Je tends ma feuille, et le charmant organisateur me demande d’aller faire demi-tour plus loin, le panneau est à 20 m de l’intersection, sur l’autre VO il y a le même mais à 60 m. Notre poursuivant au moment de tendre sa feuille entend un spectateur dire : « encore un qui s’est fait b…..!» en parlant de nous. Il a eu le temps de retirer prestement sa feuille de route. Bien vu, Daniel, beau piège !

Nos espoirs de bien terminer s’amenuisent, surtout que le reste du parcours ne présente aucune difficulté, même le fléché allemand est simple, surtout qu’à la VCV, il est d’abord à tracer sur carte avant de le finaliser sur la route. Le secteur de Saales, Grandrupt, Le Vermont ne nous est pas inconnu, déjà arpenté dans tous les sens lors de Targa Lorraine précédentes.

Après la pause la plus gargantuesque du week-end à Saulxures, nous rejoignons l’arrivée par les magnifiques routes entre Schirmeck et Boersch, notamment la mythique « La Rothlach ». Au bout de 632.20 km (officiels), un buffet nous attend à la salle des fêtes de Dorlisheim. Après une soirée consacrée à un hommage à des pilotes anglais qui ont couru les 24h du Mans en Triumph (photos ci-contre), on se donne rendez-vous pour le lendemain, la remise des prix ayant lieu le dimanche matin pendant un copieux brunch.

La proclamation des résultats dure 2 bonnes heures ! Et nous apprenons que nous terminons 4èmes, à une minute des 3èmes. Ouf, je pensais que l’on serait plus loin. Par contre nous avons raté au total 4 CP le samedi.

Ne seront récompensés que les trois premiers de chaque catégorie (Tourisme, GT et Expert),

alors que repartiront, chargés de coupes, dans chaque catégorie :


Photos :
Alain Brison
et
Roland Schmitt

 


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